
Incidence de la température sur l’oxygène dissous et l’activité biologique dans les systèmes de traitement des eaux usées
26 février 2026
Incidence de la température sur l’oxygène dissous et l’activité biologique dans les systèmes de traitement des eaux usées
26 février 2026
Animés par le désir de réduire notre impact environnemental, nous sommes souvent tentés de faire confiance aux marques qui exploitent l’engouement pour l’écologie en mettant de l’avant des produits dits « biodégradables » ou « éco-friendly ». Toutefois, à une époque où le marketing cherche à s’immiscer dans chaque sphère de nos vies, il devient plus que jamais nécessaire de redoubler de vigilance face à ses étiquettes vertes trompeuses. Un fléau en particulier, qui touche non seulement le Québec, mais aussi l’ensemble de la planète, n’échappe pas à cette réalité : celui des serviettes humides dites « jetables dans les toilettes ».
Apparues en 1957, ces petites serviettes humides ont évolué à travers les décennies afin de répondre aux besoins grandissants et changeants de la population. Que ce soit pour l’entretien ménager ou pour les soins corporels, la conception de ces lingettes s’est progressivement adaptée en fonction des préférences et des usages variés des consommateurs.1
Conçu à l’origine pour simplifier le quotidien de la population, ce produit engendre aujourd’hui davantage de conséquences négatives que de bénéfices. Son usage, ayant explosé dans les dernières années, notamment à cause de la pandémie, exerce une pression immense sur les installations d’assainissement des eaux usées.2 En 2021, un sondage auprès des villes membres du Programme d’excellence des stations de récupération des ressources en eau (PEXStaRREs) de Réseau Environnement a révélé que 92 % d’entre elles rencontrent des problèmes liés aux lingettes. Considérant que ces usines desservent plus de la moitié de la population québécoise, la nécessité d’agir devient indéniablement urgente.1
Au niveau de leurs propriétés physiques, les lingettes dites jetables dans les toilettes se rapprochent davantage des lingettes non jetables que du papier hygiénique. Composées de fibres synthétiques, comme le polyester, et de fibres de cellulose régénérée, elles résistent aux contraintes rencontrées et persistent dans le réseau d’égouts. De plus, leur porosité favorise l’accumulation de sable, d’argile et de divers résidus (alimentaires, cosmétiques ou autres), entrainant ainsi la formation de gros amas. Ces derniers sont par la suite responsables du blocage de canalisations, de l’obstruction de pompes et du débordement d’égouts.1
Une étude publiée en 2019 par Khan et al. de l’Université Ryerson à Toronto met en lumière cet enjeu en dénonçant la fausseté qui se cache derrière le terme « jetables dans les toilettes » affiché sur les lingettes commerciales. Parmi les 101 produits évalués, la moitié était vendue avec l’étiquette « jetable dans les toilettes ». Or, l’étude révèle que seulement 11 des 101 produits se sont désintégrés en totalité et, parmi ces derniers, tous étaient en fait des papiers hygiéniques.1,3
Les problématiques liées à cet enjeu sont loin d’être centralisées. Une fois introduites dans le réseau, ces lingettes peuvent perturber les infrastructures ainsi que l’environnement, depuis les premières étapes du traitement jusqu’au rejet final dans le milieu naturel.
En 2021, Réseau Environnement a réalisé un sondage auprès des stations d’épuration municipales membres de son Programme d’excellence (PEX-StaRRE) et 90% des répondants affirmaient que l’introduction de ces fameuses lingettes avait engendré une usure prématurée des équipements, 60% confirmaient qu’ils ont dû augmenter leur entretien préventif et 30% révélaient que ces problèmes avaient entrainé un remplacement des équipements.1 En plus d’engendrer des bris et une usure prématurée des équipements, les problèmes de lingette provoquent une mobilisation accrue des travailleurs sur le terrain pour assurer les travaux de réparation et d’entretien. De façon global, c’est près de 250 millions de dollars qui sont déboursés chaque année par les municipalités canadiennes pour gérer les dégâts causés par ces dites lingettes!4 Il s’agit de sommes immenses, liées à un problème de désinformation et de mauvaises habitudes, dans un secteur où la modernisation des installations est primordiale, mais dont les investissements demeurent en déficit important.
Malheureusement, les conséquences associées à ces lingettes dites « jetables dans les toilettes » ne se limitent pas qu’à l’économie. L’obstruction des canalisations provoque un risque accru de déversement d’eau non traitée dans l’environnement, affectant directement la prospérité de la faune et la flore de la zone touchée.1 En août 2021, un égout sanitaire complètement bouché par ces amas de lingettes a malencontreusement contaminé la rivière du Nord à Saint-Jérôme. Malheureusement, cet évènement est loin d’être un cas isolé. Une série de situations similaires contribue progressivement à la détérioration de nos sources d’eau et entraîne simultanément la mort de la vie aquatique présente.2
Alors que ce problème persiste, il devient essentiel d’investir dans les véritables causes de ce fléau afin d’y mettre un terme. Une question s’impose : sachant que ces lingettes causent autant de dégâts, comment se fait‑il que les entreprises puissent encore apposer la mention « jetable dans les toilettes » sur leurs produits ?
L’explication est relativement simple.
Ces deux points mettent en lumière l’énorme faille entourant le problème des lingettes dites « jetable dans les toilettes ». En attendant l’application définitive de la norme encadrant ces produits, il est de notre devoir, en tant que citoyens, de nous sensibiliser à cet enjeu. Le consommateur se doit d’adopter un comportement plus responsable, tant au moment de l’achat des lingettes qu’au moment de leur disposition après utilisation. Vraisemblablement, la solution optimale serait de bannir les lingettes jetables de notre quotidien. Or, il s’agit d’une démarche drastique difficile à promouvoir à grande échelle. Il faut attaquer le problème directement à la source. Afin que les consommateurs disposent de toute l’information nécessaire pour guider leur réflexion et adopter les bons réflexes, l’information partagée se doit d’être claire et appuyée par des critères fixes. L’imposition d’un logo distinctif et reconnu à l’international, confirmant que le produit a bel et bien pris part aux tests rigoureux le qualifiant de « jetable dans les toilettes », est l’avenue à préconiser. L’IWSFG a d’ailleurs développé un logo officiel que les consommateurs pourront aisément repérer sur les produits conformes.1

D’ici l’adoption officielle de ce logo sur les produits disponibles en magasin, la règle à retenir est relativement simple : AUCUNE lingette ne devrait être jetée dans les toilettes!4 Chez Aquasan, nous constatons de manière très concrète les conséquences de ce fléau chez nos clients. C’est pourquoi nous jugeons essentiel de sensibiliser la population afin que chacun prenne pleinement conscience de l’importance d’adapter ses comportements en tant que consommateur.